L’inconnu me rend toujours un peu nerveux
LA DATE CHOISIE était le dimanche 28 septembre (2003). Finalement, comme le temps
prévu était très maussade, on a plutôt choisi d’y aller le samedi (27) où on nous annonçait plutôt un ciel nuageux avec éclaircies. L’aventure étant spéciale, nous voulions du beau temps pour prendre des photos. La nuit précédant le grand jour, certains comme moi ont très mal dormi à cause de la nervosité qui régnait. 50 intersections, un lieu interdit… L’inconnu me rend toujours un peu nerveux. Le matin : un bon déjeuner et je vais rejoindre les autres. Contrairement à ce que la météo avait prédit, le ciel était extrêmement lourd. Nous avons d’abord laissé une auto au stationnement de la Forêt Montmorency. Puis, nous nous sommes engagés dans les chemins forestiers pour traverser la réserve faunique des Laurentides. Quelle surprise (mauvaise) de ne voir que des coupes à blanc le long de notre parcours! Il fallait peut-être s’y attendre : les réserves fauniques, contrairement aux parcs, pe rmettent l’exploitation forestière, minière et animale. C’est dans l’auto que nous avons décidé de l’attitude à adopter si on rencontrait quelqu’un dans le chemin de la terre du Petit séminaire de Québec. Nous avons décidé d’agir comme si notre présence était normale. Et si nous nous faisions prendre? Marc Savard s’était bien caché durant son aventure. Il se sentait comme quand il s’était échappé des gardes armés au Zaïre. Le trajet n’a pas été trop long : à 10h30, nous étions arrivés à la ligne électrique haute tension de Hydro-Québec, à une centaine de mètres de la barrière nord. 1h30 de chemins forestiers sans voir âme qui vive. Forestiers? Est-ce le terme à utiliser quand on ne voit pas la forêt?
C’est donc à bicyclette que nous avons débuté notre VRAIE aventure. Il ne m’a pas pris beaucoup
de temps avant de m’apercevoir que ma stratégie de fiches d’étape n’était pas efficace. En effet, il valait mieux voir tous les détails directement sur la carte tout en pédalant comme l’a fait Angelo. Le long du trajet : des coupes, des coupes et encore des coupes d’arbre. Ce n’était pas mieux que la réserve faunique des Laurentides. Cer tains lacs avaient tout de même été épargnés du rasage. Ouf, une camionnette ! Nous saluons le conducteur, il nous salue. Lors d’une montée, drôle de cabine. Personne dedans. Qu’est-ce que c’est ? L’entrée d’une mine ? Une toilette ? Non, c’était une guérite servant à abriter celui qui compte les camions forestiers. Du moins, c’est ce que nous avons conclu. Le monsieur n’était pas toujours très occupé car il avait eu le temps de faire toute une peinture de camouflage à sa cabine ! En 1h15, nous étions arrivés au lac de la Tour. Les derniers kilomètres avant d’arriver à cet endroit n’avaient pas été faciles : une très longue montée.
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