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Samedi 24 septembre :<o:p></o:p>

Même si je n’ai pas dormi beaucoup, on nous réveille à 23h15 pour un départ à minuit, à la lumière des lampes frontales. Quand je sors de la tente, il fait nuit mais on aperçoit déjà des points lumineux qui montent la paroi. C’est magique et ça fait réaliser qu’on est pas tout seul…

Nous partons à minuit : David (mon frère), Florence (sa blonde), et moi, encadrés par notre guide Paul et son assistant Boniface.

Au programme, une grosse montée d’emblée de 1000m de dénivellé sur une très courte distance et ensuite un sentier plus facile sur 300m. Nous commençons relativement rapidement pour finalement ralentir la cadence car le MAM (Mal Aigü des Montagnes) nous guette : après à peine 100 m, David se plaint déjà de nausées, moi je « feele » bizarre (je suis stressé) et Florence, elle, est fraîche comme un gardon. Trois états différents : à ce moment-là, on se dit que c’est pas gagné mais on savait que ce serait pas facile

Le groupe s ‘étire peu à peu : David reste en arrière avec Boniface, et Florence et moi partons devant. Plus on monte, plus les gens prennent des pauses et ce n’est pas pour manger ou se raconter des blagues ! Le souffle est court mais pas la pente : elle est raide, la vache !!! À la moitié de la montée, soit après 500m mon frère n’est plus visible et j’ai plus d’énergie. Florence décide de partir en tête avec notre consentement. Paul reste avec moi et nous montons très doucement, c’est très pénible de voir ses forces diminuer ainsi et ne rien pouvoir faire… Mais bon, il faut etre réaliste et si je veux arriver au bout…

Durant toute la montée, je bois de petites gorgées d’eau à l’aide de ma pipette : elle est glacée mais je mâche l’eau pour ne pas avoir mal au ventre (j’ai apprit la leçon du mont Kenya)… À aucun moment on ne voit l’objectif. On monte mais on sait pas quand ça va s’arrêter. Vers 3h00 du matin, je décide de m’arrêter  pour manger une barre énergétique même si je n’ai aucun appétit. En haute altitude il n’est pas recommandé de s’arrêter trop longtemps lors de l’ascension car cela augmente le risque de MAM. De toute façon il faut faire attemtion à plein de petits détails comme la façon de lacer ses chaussures le matin; c’est tout bête mais il est recommandé de monter la chaussure vers soi plutôt que de baisser le buste. Un moment je demande à mon guide si il sait où on en est : il me répond qu’il y a encore du chemin, il est vague et cela ne m’encourage guère… Il me demande si je me sens capable de continuer ou si je veux redescendre. La réponse est immédiate et sans équivoque : NON, je continue !!!

Je ne suis pas venu jusqu’ici pour arrêter si près du but. Oui je suis très fatigué mais je n’ai pas tous les symptomes du MAM, j’ai « juste » des maux de tête. Toujours est-il que je repars motivé. Je marche, je marche, puis finalement nous croisons quelqu’un qui est accoté sur un rocher : Paul s’adresse à lui et quand elle répond je reconnais la voix de Florence. On est tout surpris de se retrouver là, moi je la croyait rendue plus haut et elle nous pensait plus bas. Elle n’a plus d’énergie et est démoralisée. Nous l’embarquons avec nous et on se motive mutuellement.

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On arrive finalement à la dernière montée avant Stella Point, qui est la jonction de plusieurs sentiers mais surtout la fin du calvaire et le premier objectif à atteindre. Mais pour se rendre là-haut nous avons une dernière paroi faite entièrement de sable : le pied s’enfonce et on redescend à chaque pas, c’est épuisant. Florence a du mal, moi je donne tout ce qui me reste car je sais qu’une fois rendu en haut ça sera moins dur…

On s’arrête plusieurs fois et on reprend notre souffle. On finit par arriver a Stella Point (alt : 5600m). On est comme sur un plateau et le jour commence doucement à se lever mais on n’aperçoit toujours pas le sommet qui est situé en arrière. On achève, on a fait le plus dur. Paul prend Florence par le bras car elle n’a plus d’énergie et il la soutient moralement. Moi je suis légèrement en avant et j’avance plus motivé que jamais. D’un seul coup je m’arrête et je vomis tout ce que je peux. Paul arrive avec Florence et me donne quelques tapes dans le dos en me disant que ça va me redonner de l’énergie. Je reprends mes esprit et repars.

Ça y est, je commence à voir du monde heureux revenir : ça veut dire qu’on est vraiment pas loin. Je vois le piquet qui indique le sommet, il y a un attroupement de 5 ou 6 personnes.

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ON Y EST !!!

On se serre très fort tous les 3 ! Je suis vraiment très heureux d’être arrivé jusque là… D’ailleurs l’émotion plus la fatigue m’amènent les larmes aux yeux, les nerfs lâchent…

Paul, qui lui n’a pas la même vision que nous de ce moment, nous presse car il veut qu’on ne reste pas plus de 20 minutes. Le temps est trop incertain là-haut, même si pour le moment il fait plutot bon. On attend notre tour pour se faire photographier devant le fameux panneau. J’ai le droit à deux photos. C’est un moment dont je me souviendrais toute ma vie. J’en ai rêvé…et bien voilà !!!

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Nous sommes arrivés dans les premiers mais le monde continue d’affluer. Je regarde partout, de tous les bords avec émerveillement. On dirait un gamin avec un nouveau jouet et le souvenir de la montée est déjà éclipsé. Je m’attendais à voir plus de neige au sommet car en fait il y en a très peu. Par contre, le fameux glacier est superbe, Paul m’explique notament les dommages du réchauffement de la planète sur le glacier. Ça fait peur…

Il est déjà l’heure de rescendre. Le jour se lève tranquillement, on se sent bien, on croise pas mal de monde. Quand on redescend on voit la montagne différemment. C’est peut-être l’inclinaison, mais déjà rien que la lumière avec l’apparition du soleil change tout… Les pentes nous paraissent plus raides encore en descendant. En fait nous dévallons les pentes comme du ski : il y a tellement de petites roches que les pieds glissent et du coup on fait de la glisse sur Kili !!! Je m’arrête par moment pour contempler le paysage que je sais je ne reverrais pas. Mais en haut le panorama est tellement beau…Ça aussi c’est à couper le souffle mais pas pour les mêmes raisons. Finalement ce qui nous a pris 6h00 à monter est descendu en 2h00 sans trop forcer.

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Nous apercevons le campement et je devine la silhouette de mon frère. J’ai tout de suite une pensée pour lui car je sais qu’il doit être déçu de ne pas s’être rendu en haut. Je me dirige vers lui en premier et j’avoue que c’est difficile de contenir ma joie mais je sais aussi que j’aurais pu ne pas réussir l’ascension. Finalement il n’est pas trop déçu, il sait qu’il a donné tout ce qu’il pouvait.

L’accueil est chaleureux avec les membres de notre équipe qui viennent nous féliciter, c’est vraiment cool…

Notre cuisto me tend un bol de jus fait maison, c’est notre champagne !!! Il nous a préparé un déjeuner mais je n’ai vraiment aucun appétit malgré l’effort fourni. Je me force tout de même un peu pour reprendre quelques forces.

Je vais faire un tour dans ma tente pour me reposer un peu, j’aurais aimé dormir mais je suis encore sur l’adrénaline. Nous pactons nos affaires et décidons d’entamer la descente. Nous quittons Barrafu Camp vers 11h00, direction la voie Mweka. Je suis très fatigué mais je descends comme si je faisais une petite randonnée d’une journée. Malgré tout, j’ai les yeux grands ouverts, j’adore ce paysage… Ca va nous prendre 3h00 pour arriver à Mweka Camp (alt : 3000m).

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Ce fut une grosse journée : l’ascension de 1300m le matin à l’aube, la descente du 1300m et pour finir un autre 1600m. Je suis surpris de ne pas être plus fatigué, en bas.

À Mweka Camp, c’est l’heure de la détente : tout le monde se lâche un peu, nous avons droit au chant en swahili avec comme arrière plan le Kilimanjaro… C’est magique !

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