Dans la brume du mont Raoul Blanchard
ÇA FAISAIT un petit bout de temps que le mont Raoul Blanchard, le plus haut sommet de la chaîne de montagnes des Laurentides (1175 m), nous trottait dans la tête. En fait, c’est le répertoire des monts du Québec de la Meute qui a éveillé l’idée de se rendre à son sommet. Le mont Raoul Blanchard a ceci de particulier : il est situé sur la terre du Petit séminaire de Québec. Interdit au public! Nous avons essayé d’obtenir une permission spéciale pour le gravir. Pas question! On nous a répondu que les dernières personnes qui y étaient allées s’étaient perdues… Il fallait donc y aller dans l’illégalité.
C’est par le sud que nous avons commencé à explorer le territoire près du village de Saint-Férréol-Les-Neiges. Nous nous sommes rapidement aperçus que le chemin Abitibi Price était barré et surveillé par un gardien qui nous a tout de même invités dans sa cabine. Il nous a montré le mont sur sa carte topographique.
Ma première idée a été de nous rendre à bicyclette jusqu’au mont à partir de cette guérite. L’été a passé et j’avais quasiment oublié le projet quand Angelo m’a proposé à nouveau d’y aller. Contrairement au projet initial, c’est par le nord qu’il voulait passer. En effet, Angelo avait parlé à Marc Savard qui était allé au mont avec sa moto. D’ailleurs, le récit de ce dernier est disponible sur le site http://pages.infinit.net/air/mountrb.html (à lire). Il fallait traverser la Forêt Montmorency, puis une section de la réserve faunique des Laurentides. Finalement, nous devions nous rendre au fameux mont. 50 km d’auto dans les chemins forestiers, 20 km de vélo de montagne et 1,5 km de marche. Aller seulement.
Le plan était donc : se rendre tout d’abord en auto à la barrière nord qui n’est pas surveillée. Ensuite, partir léger en bicyclette et se rendre le plus près possible du sommet. On pensait qu’il faudrait laisser nos vélos près du lac de la Tour car le sentier semblait monter abruptement à partir de là jusqu’au sommet. Un dilemme s’est posé : doit-on amener un GPS? Personne dans notre groupe de trois (Angelo, Sébastien et Yoan) ne connaissait bien cet outil. N’ayant pas peur des nouvelles technologies, nous avons décidé d’apporter un GPS emprunté à Marc-Antoine, un ami de Sébastien. C’était une question de sécurité car ce genre d’endroit se prête mal aux incidents. Ce qui m’inquiétait le plus étaient les 50 intersections que nous allions rencontrer. J’avais donc divisé le parcours en 50 étapes sur cinq fiches qui décrivaient le chemin à suivre. Angelo avait un cyclomètre assez précis pour calculer la distance parcourue entre chacune des étapes.
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