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Extraits des livres de Raoul Blanchard

p. 90 L’Est du Canada français volume 2 1935
En parlant du Saguenay :

- La décadence des scieries – Faire de la pinière était le cri de guerre des premiers colons : abattre des pins blancs, les dépouiller de leurs branches, les traîner au bord d’un cours d’eau et les dépêcher lors de la crue de fonte des neiges au moulin à scie installé en bas; planches, madriers, bardeaux étaient ensuite expédiés par mer à travers le monde. On n’y allait pas de main morte au XIXe siècle dans les forêts au Québec et on les traitait comme si elle fussent inépuisables. Les plus recherchées des essences, le Pin blanc et le Cèdre, souffrirent les premières de cette chasse barbare; la première est pratiquement disparue du Saguenay, la seconde y est très épuisée.

 

p.316 L’Est du Canada français volume 2 1935

Que ce soit de Sainte-Agnès, de Saint-Hilarion, de Saint-Urbain, de Saint-Tite des Caps, de Saint Férréol ou des plates-formes qui dominent la côte de Beaupré, on distingue vers l’intérieur, orientée du S.O. au N.E., dans une direction qui semble parallèle à celle de l’estuaire, une ligne de hauteurs dont l’altitude est au moins de 3.000 pieds (915 m.). Or cette ligne, qui a l’air d’une chaîne de montagnes, est en réalité le rebord d’un grand plateau, celui qui porte le Parc des Laurentides. L’altitude y atteint 3.905 pieds (1.190 m.) au Nord de Saint-Tite des Caps.

 

p.360 L’Est du Canada français volume 2 1935

La nature s’est montrée dans ces parages plus variée et surtout plus brutale qu’en Gaspésie et sur la Côte Sud. Il s’agit de l’immense et inhospitalière masse laurentienne, dont le caractère répulsif est accentué ici par l’altitude et qui ferme aux hommes l’accès de l’intérieur.

 

p.314 L’Est du Canada français volume 2 1935

La région n’est pas consolidée et est l’objet de séismes remarquables par leur ampleur et surtout par leur durée. Les historiens nous ont laissé des descriptions pleines d’intérêt. En 1663, la terre a tremblé pendant six mois, avec un paroxysme le 5 février, où 32 secousses furent ressenties pendant la nuit; à moitié chemin entre Québec et Tadoussac […].

Dans sa très intéressante histoire de l’île aux Coudres, l’abbé Mailloux a donné, d’après les récits de témoins oculaires, de forts remarquables descriptions des grands séismes de 1791 et 1870. En 1791, la première secousse, très violente, se produit le 7 décembre, à 8 heures du soir, et la terre continue à trembloter toute la nuit; de là au 16 janvier 1792, où se produisit le dernier ébranlement, les secousses se succédèrent quotidiennement. Le 20 octobre 1870, le séisme commence par un véritable bruit de tonnerre, avec le plus violent ébranlement; cinq autres commotions se produisent dans cette journée; de là au 15 décembre, il n’y eut pas une semaine sans que la terre n’ait tremblé; des frémissement furent encore perçus les 10 et 17 février, ainsi qu’en mai 1871. Les correspondants de l’abbé Mailloux décrivent la terre qui ondule à la première secousse, et l’ouverture sur le rivage de fissures dont l’une à 18 pieds de profondeur. On se croirait au Japon, d’autant que ces grands ébranlements ne sont que des paroxysmes survenus au cours de frémissements presque chroniques; depuis trente ans, écrit l’abbé Mailloux en 1879, « ces commotions arrivent presque tous les mois… heureusement qu’elles ne sont que rarement violentes ». Voilà qui indique bien que toutes ces failles entrecroisées du bord Nord de l’estuaire restent dans un véritable état d’instabilité.

 

p.62 La Mauricie 1950

 Les conditions d’exploitation. La forêt était en médiocre état à la fin du XIXe siècle; elle portait la marque des coups reçus depuis que les hommes s’y sont déchaînés. Il y avait eu l’exploitation abusive, massacrer tout pour prélever peu. Il y avait eu les incendies, fléau terrible. La forêt s’est retrouvée modifiée, privée des grands pins qui ont été la victime du sciage, et propageant le bouleau et les trembles sur les cendres des conifères dévorés par l’incendie. Une régénération était nécessaire.

 Elle a été effectuée, grâce à l’action du Gouvernement, qui désormais veille de très près sur le bois. Il exige qu’on ne coupe pas annuellement plus de 2 % du volume, ce qui laisse du volume. Il oblige à exploiter d’abord les peuplements en perdition, puis ceux qui dépassent le stade de la maturité; en revanche, toute coupe dans les futaies de moins de 80 ans est interdite.

 


p.153 La Mauricie 1950

 En revanche, la région disposant de deux superbes ressources : une immense forêt aux essences variées, de puissantes rivières aux eaux abondantes et déclives. On les a fortement et intelligemment exploitées. […]

 Disposant ainsi de bois et d’énergie, la Mauricie a pu mettre sur pied une industrie de la pulpe et du papier qu’on peut qualifier de formidable : sept grandes usines […].

Page suivante (courriel de Pascal Blanchard)

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